Seigle intégral

Pain seigle intégral

Le pain noir à l'ancienne, fort en goût, il ne laisse pas indifférent. Un classique avec les huitres ou la graisse salée, à déguster en tranches fines.

"Naïg fit du café frais, disposa sur une assiette du lard rôti encore tiède, ouvrit un pot de cornichons et sortit d'un sac en toile pendu à un crochet sur le côté du buffet une boule de pain de seigle qu'elle posa sur une planche à découper. Elle prit un couteau à scie. La lame dérapa sur la croûte dure et brune comme un galet.
- Donne, dit Corentin.
Il s'empara du couteau et ressentit dans son corps et dans son cœur ce travail de la lame sur la croûte et à l'intérieur du pain noir, comme si vingt-cinq années ne s'étaient pas écoulées : attaquer la miche en douceur, scier d'une main légère, opérer une sorte de rainure d'où la lame ne dérapera pas, et puis ensuite peser, couper et voir la tranche se détacher de la boule, se coucher sur le côté et exhaler tout son parfum de mie humide et finement grenue comme le farz de sarrasin, cette boule de farine que Mamm pétrissait et mettait à cuire dans un torchon avec le pot-au-feu, à la mode du pays léonard."

Hervé Jaouen, Au dessous du calvaire (2005)